mardi 25 août 2015

Docteur, t'es malade!

Ça  commençé par un mal de gorge, un banal mal de gorge.  Mi-juin, ça arrive, on s'en fait pas pour ça.  Les malaises saisonniers de ma fille se résument à de vulgaires maux de gorge, suivis d'une journée de fièvre et d'une période de somnolence de 24 heures, puis, tout redevient normal.  J'avais aussi un rappel pour un test d'urine non-conforme, infection urinaire sans symptôme, encore cette fois.  C'est devenu un running gag.

On en profite donc pour aller ensemble chez le bon docteur 'Bleh', médecin lambda depuis toujours ou presque dans une clinique du quartier, que nous voyons en cas de nécessité absolue seulement, parce qu'on haït ça, aller chez le docteur.  On va aussi lui parler de cette courbe étrange dans le bas du dos de mon ado, qui est apparue il y a presque un an et que je mets sur le compte de la croissance, tsé, ça va se replacer, comme chez les filles qui ont un sein plus gros que l'autre à 15 ans.

Le bon docteur Bleh est étrange, il ne cesse de s'extasier sur la joliesse de ma fille et lui dit qu'elle ne doit pas s'inquiéter de ce qui se passe dans son dos, est ben trop cute pour ça!.  Moi, je reçois ma prescription d'antibio comme une pénitence répétitive.  Puis vient le moment de l'examen de la gorge.  Ah!! C'est pas beau ça!  Très enflammé et tout et tout!  On palpe ici, on palpe là, non, c'est pas une mono, la rate n'est pas enflée, fiou, mais c'est fréquent les monos chez les ados.  Une autre prescription d'antibio s'ensuivit ainsi que des radiographies du dos, des jambes, ect..

La fin des classes approche, les examens du Ministère commence le lendemain.  Ma fille revient de l'école le visage et le cou parsemés de plaques rouges.  Ma première pensée est qu'elle fait une réaction allergique à la pénicilline des antibiotiques et je téléphone immédiatement à la clinique.  Le docteur va pouvoir nous voir ce soir, yeah!  Re-palpage de rate, non il y a pas de mono, mais oui, il y a allergie à la pénicilline, donc arrêt immédiat des antibio (ben kin, on y avait pas pensé nous-même!!) et n'en prend plus jamais, jamais, ma belle fille!  Elle devra prendre des antihistaminiques pour un bon deux semaines.  Dans mon cas, le docteur Bleh vient de voir que les bactéries dans mon pipi sont résistantes à l'antibiotique qu'il m'a prescrit, sti!!  Il pouvait pas voir ça avant? Me revoilà donc de retour à 'Go' avec d'autres médocs à prendre pour dix jours,. pfff!!

Les radiographies sont aussi arrivées et le docteur Bleh en profite pour rassurer ma fille, scoliose ouin, c'est pas ben grave, ça paraît pas, pis quand t'auras un chum, t'auras juste à lui montrer tes seins, il s'apercevra jamais de rien!  What the fuck!!  Sérieux, les jokes épaisses de gros mononcle pervert chez le doc, ça me souffle!

Le lendemain, ma fille se présente à son premier examen. Je ne l'ai pas vu partir, mais je l'ai vu revenir et s'était inquiétant.  Le visage enflé et couvert de plaques rouges, lèvres bleues, on se dirige à l'urgence de l'hôpital immédiatement.  Et là, on patiente.  On patiente tellement qu'après 4 heures de sitting, je vais m'enquérir de la gravité de la situation, parce que si je dois attendre encore c'est que c'est pas si grave que ça, autant aller dormir chez soi et on reviendra demain s'il y a lieu!  On me répond  que c'est très urgent (!!!) et de ne pas bouger, on m'appelera bientôt.  Bientôt, en langage hospitalier, c'est comme bientôt en vacance dans le sud, il manque juste le sable et le drink.  Une bonne heure et demi plus tard, on voit un jeune médecin qui demande un bilan sanguin et qui lui fait avaler une bonne dose de cortisone sur le champs.  Lui, il n'est pas certain qu'il s'agit d'une allergie à la pénicilline.  Deux heures plus tard, nous apprenons que la malade a bien une mononucléose et que la réaction de rash et d'enflure est dûe aux antibiotique contenant de la pénicilline qui ne doivent jamais être prescrit dans ce cas précis!!  Cher docteur Bleh, je t'en dois une, pis une bonne parce que là, tu viens de scrapper notre été et pas rien qu'un peu!    Pas d'école, pas d'examen, pas de sport (bye bye soccer), pas de chum pour au moins deux mois.

Sauf que, les examens, faut tout de même les faire en temps voulu et pas dans un an.  Je me démène donc comme un diable dans l'eau bénite pour organiser les reprises, sauf que l'école vers laquelle on m'a dirigé exige une inscription aux cours d'été, pas question de ne faire que les examens!  Ouin, trois cours d'été quand t'as la mono, c'est pas l'idéal.  On deal quelque chose, ok pour le cours de maths, ça fera pas de tort, mais on peut tu passer par dessus le cours d'histoire? Yesss!!   Pis science, ben se sera à l'automne, parce que trop c'est trop!  Et ça va comme ça, ma fille trimbalant sa mono en duo avec sa calculette entre 9h et midi pour trois semaines au beau milieu de l'été.  Ah oui, on est pas allé en Angleterre, c'était vraiment de trop sur notre horaire, pff!

Mes nouveaux antibiotiques me mènent la vie dure.  Nausées, maux de tête, langue noire, ça fait peur.  Je me tâte les méninges. Ils sont durs, enflés et là, j'arrête tout ça!  Pas envie et pas même le temps de me battre contre les effets secondaires d'un médicaments pour un problème qui ne me cause aucun malaise.  De plus, je lis qu'il s'agit d'un produit à ne pas prescrire en présence de maladie auto-immune!!  Docteur Bleh, t'as pas lu mon dossier pour te rafraîchir la mémoire?  Purpura thrombocytopénique, c'est une maladie auto-immune, sti!

Je me bats aussi avec le docteur qui refuse de me donner une référence pour l'hôpital Ste-Justine afin que la scoliose soit évaluée par un vrai spécialiste.  D'après ce criss de pas bon qui ne sait même pas diagnostiquer une mononucléose, il y a rien à faire et ça ne s'aggravera pas. Je veux bien y croire, mais je veux pas prendre de chance, de plus que ma confiance en ce doc est ébranlée pas rien qu'un peu, donc je cherche et cherche.  Il y a pas un maudit pédiatre disponible nulle part, on s'inscrit donc sur des listes d'attente éternelle.  Et la question...  Pourquoi votre fille n'est pas suivie par un pédiatre? Simple comme bonjour, elle a jamais été malade et lors de notre retour de Vancouver, son pédiatre habituel n'exercait plus et on en a pas cherché un autre, de toute manière, on en aurait pas trouvé, tout comme on en trouve pas aujourd'hui.  On consulte: podiatre pour rétablir la hauteur de jambes, physiothérapeute qui suggère des exercices pour aider à la posture, mais qui ne semble pas trop savoir quoi faire de plus, de mieux.  C'est un pas en avant, mais que la route est longue et encombrée d'obstacles inutiles!!

En ce moment, nous sommes en attente d'un rendez-vous à l'hôpital Shrinners pour une évaluation sérieuse et un possible traitement dans une étude clinique effectuée par l'université McGill. On se croise les doigts, souhaitant que le tout soit sérieux et apporte des réponses à nos questions tout en amenant des solutions pour assurer que le problème ne s'aggrave pas.

Ah,pis, c'est quand l'été?  Ah! C'est passé?  Je l'ai pas vu ...


lundi 9 mars 2015

Miss de rien

Je n'en ai pas parlé, presque pas.  Parce que ça me faisait un peu honte quelque part, dans ma féminité libérée, dans mon idée de ce que nous étions et de ce que nous sommes, filles, femmes du XXIème siècle.  Parce que ça fait 'wannabe', ça fait peu sûre de soi, ça fait 'regardez-moi, j'existe', ça fait 1960, Charlebois et 'J'cours les concours y paraît que j'ai toute pour...'

Bref, ma fille s'est incrite à un concours de 'miss' qui s'est terminé samedi dernier, yeah, enfin!

Depuis octobre que nous étions tenus en laisse, à la merci d'activités connues à la dernière minute ou presque.  Le tout agrémenté de dépenses à tout venant, sorties ici et là, achats des dvd de photos, d'une robe de soirée, de robes cocktail, tsé, elle en porte tellement souvent, ça va maintenant moisir dans le placard!

On me dit que j'aurais pu refuser, que j'aurais pu dire 'non ça va pas la tête!'.  C'est pas moi, je suis pourrie pour dire non et je crois sincèrement que chacun doit faire les expériences qu'il choisit lui-même pour avancer.  Donc, d'accord, pas d'accord, je laisse filer en me croisant les doigts, souhaitant très fort que la lumière jaillisse et que quelque chose de positif sorte de l'événement.  On m'a aussi assuré que c'était tout arrangé, que la gagnante était choisie avant même le début des paris, mais coudonc, ça on le saura jamais à moins que quelqu'un qui le sait vraiment l'évente et pis quelque part, je m'en fous un peu.  Elle s'est donc engagée à faire le dit concours!

Ça veut pas dire que je parle pas, que je dis pas ce que j'en pense, ça veut juste dire que je respecte le choix de la personne. La condition que j'émets quand il s'agit de ma fille, c'est qu'elle aille au bout de son choix.  Pas question de reculer, de changer d'idée en cours de route.  Quand on choisit on assume.  Et elle a choisit de s'inscrire, malgré mes réticences.

Au début, ça été pas mal tranquille, pas de nouvelle pendant des mois, et puis au cours de l'été, ça c'est mis à être un peu plus demandant.  Journée à la plage, journée aux quilles, journée de cours de ci et de ça, croisière.  Et puis octobre est arrivé et là, ce fut le premier gala.  Naturellement, on a dût passer par la coiffeuse lissante et la faiseuse d'ongles incassables avant, c'est un peu obligé.  Dans sa catégorie, cinquante jeunes filles ont été choisies sur une bonne centaine sinon plus, et naturellement, elle fût l'une d'elle, le contraire eut été étonnant.

Premier gala, où on se la joue Ginni avec la grande couette de faux cheveux


Bon, on remet ça pour une autre fois en décembre, deuxième gala, là où 12 jeunes filles seront choisies sur les cinquante restantes.  Ma fille a été très raisonnable et n'a pas voulu d'une seconde robe de bal.  Faut dire que celle achetée en octobre, simple et très belle, lui va vraiment bien et qu'on ne l'imagine pas du tout déguisée en princesse de Disney avec des tonnes de falbalas!  Par contre, cheveux et ongles ont été revisés selon le goût du jour, lisses et roses pas si naturellement.

Deuxième gala pour le choix des douze finalistes


Et encore une fois, elle fut parmi les finalistes!!  Là, j'ai commencé à paniquer un peu, parce que se retrouver parmi les douze finalistes, ça veut dire que t'as des chances de te rendre au bout. Ça veut dire que t'es dans le peloton de tête.  Pis ça me tentait pas.  Ça me tentait pas parce que ça voulait dire qu'on remettrait ça l'an prochain, que ma fille devrait être présente avec son 'beau' diadème à toutes les rencontres, même celles qu'on a loupé par choix cette année, pour encourager et coacher les petites nouvelles,  J'avais juste envie qu'on s'en sorte sans responsabilité aucune, que l'expérience soit derrière nous pour de bon.  J'allais pas le dire tout haut devant elle, bien entendu, mais quand son nom a résonné au micro, dans la salle comble du Rialto en cette soirée glaciale de décembre, j'ai lancé un retentissant 'FUCK' que tout le monde a pris pour de l'enthousiasme, alors qu'il s'agissait de désespoir.  Non mais on va tu s'en sortir un jour de ce niaisage là?

Je dis pas que c'est entièrement négatif, ma fille a rencontré plein de filles de partout au Québec, des gens de différents milieux, certaines autrement politisées qu'elle ne l'est, ça ouvre des horizons, certaines avec des problèmes de confiance en soi, des problèmes scolaires, des problèmes de santé graves, ça donne de la perspective. Elle a aussi vécu des événements uniques à celles qui participent, mais moi, j'y vois l'étalage de chair fraîche qui veut donc se faire dire qu'elle est belle et bonne pis qu'elle sent bon même si c'est une évidence .  Ça me heurte les sentiments des quarante dernières années, ceux de mon émancipation, de mon rejet du moule de la Barbie makeupée juqu'au nombril, mais bon, il ne s'agit pas de moi.  Je veux juste pas que ma fille tombe dans le piège du 'sois belle et tais-toi', c'est simple de même!  Et pourtant, on remettait ça pour une troisième manche.  La dernière, mais une qui m'a royalement tapée sur les nerfs pour cause de pression avec la demande des votes du public! Oui, pour un beau gros 20$ les gens de partout pouvaient déposer 200 votes pour la candidate de leur choix, belle manière de plumer les parents et la famille !  Mais coudonc, faut ben qu'ils vivent, les organisateurs!

Votez pour moi, c'est juste 20$!!!


Encore une fois, ma belle refuse de porter autre chose que sa super robe, vraiment, elle est une vraie mère Économe!  Et le temps passe, jusqu'en mars, sans trop de sorties en rapport avec l'événement. Elle fait de nouvelles rencontres, des filles métissées comme elle, elle apprend, elle grandit, elle vieillit, elle prend des positions politisées sur des événements auxquels elle n'aurait pas porté attention il y a six mois.  Et puis, à un mois du gala final, elle me dit qu'elle n'a plus envie de participer, que ça l'emmerde, qu'elle en a assez, que c'est con et plate.  Je respire un grand coup, faut que je m'en tienne à mes principes malgré mon soulagement et oui, je lui dis qu'elle doit finir, qu'à un mois d'avis, c'est pas très sérieux de tout laisser tomber.  Et au gala nous allons, en ce samedi de mars, ma fille avec les cheveux en bataille, pas d'effort de coiffure cette fois, pas de cheveux lissés au fer plat et à l'huile de je sais pas trop quoi, ni d'ongles plastifiés.  Je suis franchement épatée, heureuse pour elle qu'enfin le diktat de la chevelure raide soit tombé, qu'elle se trouve belle avec ses cheveux au naturel, c'est tellement plus sain!

Photo de très mauvaise qualité, mais c'est tout ce que j'ai pour le moment


Les filles se présentent sur scène et on leur pose une question.  Quel dicton te représente le mieux?  Et la mienne d'y aller de son bilinguisme parfait, disant que 'A winner is a dreamer who never gives up' parce que oui, elle est persévérante, quand elle décide d'obtenir quelque chose, elle prend les moyens pour arriver à ses fins, et souvent, à ma grande surprise, ça marche comme elle veut!  Une petite pose et les cinq finalistes seront nommées.  Et voilà qu'elle passe cette étape, encore une fois!  Elle se retrouve parmi les cinq finalistes pour le vrai de vrai moment final!  Je suis surprise, parce que je sais qu'elle ne veut plus, mais peut-être que rendu là, c'est difficile de se dire qu'on y ira pas plus loin?  Les autres candidates passent et enfin la dernière question qui tombe comme un couperet.  'Quel est le défaut qui a parfois du bon chez toi?'  Ma fille vacille.  Ben quoi, elle en a pas de défaut!  Sérieux, elle le croit, et moi aussi!!  Quelle sorte de question à poser?  Ma fille ne sait vraiment pas quoi dire et finalement s'en sort d'une pirouette avec le fait qu'elle est trop gentille, qu'elle ne se défend pas bien parfois... et l'autre bout de la réponse reste suspendu dans l'air balayé par les spotlights.  Et là, j'ai su que c'était probablement fini, mais on nous a quand même tenu en haleine jusqu'au bout.  Elle n'a pas été nommé pour les deux titres de dauphines.  Elle étaient trois, en attente, deux brunettes, l'une basanée, l'autre blanche et une blonde.  Là j'ai eu un doute, si elle n'est pas dauphine, c'est qu'elle gagne?  Trouble et anxiété!!

Mais non, c'est la blonde qui a gagné, une fille que personne n'avait remarqué, dont personne autour ne se rappellait, une petite souris à l'air de Carrie White, sourire sans lèvre, en robe rouge passé, semé de brillants gros comme des oeufs.

J'avoue que ça m'a fait un pincement au coeur, malgré mes réticences et mon peu d'enthousiasme.  C'est jamais facile de voir son enfant relégué au quatrième plan même lors d'un concours quétaine comme celui-là.  Je suis contente qu'elle se soit rendue jusqu'au bout tout en prenant conscience de ce qui se passe réellement dans ce genre de compétition et surtout qu'elle se présente avec sa tête de tous les jours lors de la dernière journée, ça m'a vraiment ravi.

Mais je sais très bien pourquoi elle n'a pas gagné, elle ne voulait simplement plus, parce que quand elle veut, elle y arrive!!

Ma belle Miss de rien (le mot est d'elle) a gagné en conscience et en sagesse, ça vaut mille fois plus qu'un diadème en plastique!


mercredi 25 février 2015

Mémé attaque - pis je parle presque plus de la polémique que du livre

On se rapellera ma visite en Haïti, après l'invitation lancée at large par Mémé attaque Haïti à la fin de l'été 2012.

J'ai passé une superbe semaine dans un lieu où je n'aurais pas mis les pieds (becoz les média) juste parce qu'une fille de mon coin de pays a eu le guts de s'y installer pour une année!  C'est pas rien, passer une année en Haïti... et c'est là que ça déraille!!  Ça déraille oui, parce qu'il y a des gens qui vivent en Haîti, de leur naissance à leur mort, et c'est rien, c'est juste leur vie... Alors, passer une année dans ce pays, faudrait que ça fasse les manchettes?  Pas sûr!  Mais oui, ça impressionne les Blanches lambda comme moi qui y voient le summum de l'exostisme mis à leur portée.  Est-ce que je connais Haïti?  Pantoute!! Et j'ai le sentiment qu'y passer le reste de ma vie ne changerait rien à ce constat.

Mémé vient de nous sortir un second livre sur son récent séjour en Haïti, intitulé comme son blogue quand le voyage a débuté: "Mémé attaque Haïti".  Et oui, Mémé attaque réellement Haïti, avec tout l'amour du monde, Qui aime bien châtie bien, qu'on dit. et quand on aime, on se permet des franchises et des impolitesses qui ne passeraient pas auprès de gens dont on a rien à cirer.  Eille, regarde-moi ben là, Mémé adore Haïti et les Haïtiens, c'est pas une raison pour qu'elle les baise tous, puisque les trois lignes relatives à ses préférences en matière d'odeur, de forme et d'approche masculines semblent être les plus à même d'amener les 'ceux qui l'ont pas lu' à s'exprimer!

Marie nous relate ses aventures haïtiennes, son vécu à Lacou David, le quotidien de ses voisins, la vie ordinaire à Jacmel, les difficultés qu'une Blanche doit affronter ainsi que les grands défis que les Haïtiens doivent surmonter après le séisme de 2010.  C'est unique, rafraîchissant, des fois drôle, des fois méchant, souvent touchant, c'est Marie!

Je n'ai pas tout lu "Mémé attaque Haïti", je n'en suis qu'à la moitié.. Mettez ça sur le fait que quand je sors avec mon fils, je bois toujours trop, pis que je pars demain pour la Rep. Dom. dans un resort avec ma mère et ma fille, ben oui, elles adorent, je les priverais pas d'une semaine de plaisir.  Pis aller en Haïti, ben Transat fait des pieds et des mains pour rendre ça difficile et cher, donc, on va au plus facile parce que je parle pas créole non plus.  Pis vous pouvez me lancer des tomates, comme à Mémé... M'am me faire des sandwichs.

Je connais Mémé, je peux pas dire que c'est une amie, c'est une connaissance et une femme pour qui j'ai beaucoup d'estime.  J'ai passé une semaine à la regarder vivre en Haïti, parce que je suis comme ça, je regarde, je parle pas beaucoup, j'observe, je ressens et je fais pas de vague sauf si j'ai trop bu, mais je me suis retenue donc j'ai été sage comme une image et j'ai tout vu, fondue dans le décor.  J'ai vu une fille en osmose avec les lieux, les gens, une fille qui trippe et qui veut vivre à plein, une fille qui aime mais qui se laisse pas avoir par les misères de Pierre Jean Jacques (c'est ma job à moi, ça).  Jusqu'à présent, son livre, je l'aime, c'est elle, c'est son vécu, son expérience personnelle et pas la mienne, je le prends comme ça.  Je peux pas dire que j'ai eu les même impressions de ce pays, je n'y ai pas été assez longtemps, mais en gros, je suis avec elle dans son propos, appelez ça du parti pris, c'est ben correct, entre Blancs, on se serre les coudes tout comme entre Noirs.   Mais j'ai vu une fille qui aidait, à sa mesure, les gens de son entourage, qui prenait plaisir à échanger avec les autres, qui aidait qui elle voulait et pas qui la 'morale' ou la 'bienséance' dictait.  Mémé n'est pas raciste, loin de là, elle aime des individus, pas une race, je pense même pas qu'elle voit ça comme ça, mais son affection se pose sur des gens qui lui sont chers pour une raison ou une autre, comme nous tous!  Pis, y en a d'autres qu'elle aime moins, les cons entre autres et la connerie n'a pas de couleur!

Il y a quand même un truc que je veux souligner.  Sa critique des Haïtiens peut sembler dure et j'admets qu'elle l'est souvent.  Les réactions de certaines personnes de la communauté haitienne sur Facebook me surprennent à moitié.  C'est certain que pour eux, il y a le 'déséquilibre du pouvoir' qui entre en ligne de compte.  Oui, Mémé critique autant les Blancs, la seule différence c'est qu'elle est une Blanche qui voyage, qui va et vient, qui a des moyens hors de portée pour plusieurs personnes dans ce pays.  Son 'pouvoir' est de beaucoup supérieur à celui des ces gens, et c'est là que ça blesse.  Tu fesses sur quelqu'un de ta taille, ça passe ( ses critiques des Blancs ne font pas piper!), tu fesses sur quelqu'un à terre, c'est moins cool.  Et je pense que c'est ce qui pose ici problème.  Les Haïtiens qui se sentent offensés le sont par des propos qui ne relatent que des expériences personnelles, des opinions, rien de coulé dans le ciment.  "J'aime pas les Inuits, ils sentent le phoque!  J'aime pas les Allemands, ils sentent la choucroute!!"  Y en a pas de problèmes dans les faits mais il y a un déséquilibre du pouvoir perçu, là est le problème, la est la perception d'offense.  Et perçu est ici un mot important.  C'est ben certain qu'en étant une Blanche du Québec qui s'amène en Haïti, la perception du colonialisme est ben ben proche, mais crisse, c'est juste pas ça, y a qu'à lire ce qu'elle écrit sur Gogo, son ami et voisin des premiers jours!  Et pis, on a vécu le colonialisme au Québec aussi, ça devrait compter.  La perception des moyens financiers du Blanc est aussi en cause, c'est ben certain qu'on a plus de moyens financiers que plusieurs Haïtiens, mais de là à être riche, il y a un fichu de gros pas.  Et pis, la crise au sujet de la raison de sa première venue en Haïti (elle voulait de l'aide pas cher pour s'en sortir avec ses quatre enfants) est tellement mais tellement biaisée! Non mais au lieu de crier à l'exploitation, pourquoi ne pas voir ça comme de la création d'emploi?  Elles auraient fait quoi de mieux, les nounous, sans ce job?  Ah, ben c'est ben plus facile de critiquer!!
Mais je comprends la dynamique du déséquilibre du pouvoir, et on la voit à l'oeuvre dans certaines réactions entourant la sortie de ce livre.  Ça m'étonne même pas, ce pays est tellement exploité par tous les autres pays de la planète que tout peut certainement prendre un air louche, même les meilleures intentions. Et pis, on peut le dire, en tant que Blancs, on a tort en partant!

Je m'arrête là et je finis de lire.  Mais je pense qu'il y a ici matière à réflexion d'un coté comme de l'autre.  Les Haïtiens, aimeriez-vous mieux quelqu'un qui vous dit que vous êtes beaux, fins, smarts pis toute pis toute, quitte à vous faire enfirouaper? Ah, ça fait du bien à l'égo, je sais, mais est-ce utile? Est-ce louable?  Et de notre coté, on peut certainement se demander si toute vérité est bonne à dire? Tout le temps?

Il y a une phrase dans le livre de Marie qui résume tellement bien cette situation:

 -"Je l'aimais tendrement, dit-il, mais elle n'a pas su apprécier mon honnêteté". (p. 216)

On ne peut que souhaiter que l'appréciation viendra, quand tous auront lu avant de crier au loup et auront compris qui est vraiment Marie!

À lire absolument, avant de se prononcer:  'Mémé attaque Haïti"

vendredi 25 juillet 2014

Il y a un an, mon père est mort

Je suis de retour du cimetière où j’ai accompagné ma mère en cette date anniversaire la moins joyeuse au monde.  Quoiqu’on en sait fichûment rien et de là nos préjugés les plus tenaces. 

En tout cas, juste au cas, bonne fête pôpa, pour ton premier anniversaire de l’autre coté du grand miroir de la vie.  J’espère qu’ils t’ont fait un beau party, comme celui de tes 50 ans, avec du brandy à l’orange et des rires bien fous, si jamais il y a des ‘on’, de la conscience, un keke chose que je ne peux imaginer qui t’accompagne, t’entoure, te dirige.  

Mais je me doute ben qu’il y a rien pantoute, juste la sainte paix, parce que le grand rien, ça doit être ça, la sainte paix.  Comme quand j’ai perdu conscience dans le restaurant,  il y a une couple d’année pis que les pompiers croyaient que j’avais fait un arrêt cardiaque, tel père telle fille… Ce serait trop beau!  Non, j’ai juste fait je ne sais quoi, personne ne me l’a dit…  Pis le feeling de partir, on le sent pas, ça arrive pis on le sait pas, on déconnecte… On déconne... On part, pis c’est presque bon!   J’espère juste que t’as vécu ton départ comme ça, inconsciemment pis que c’était presque bon.  Je le souhaite vraiment!

Oui, déjà un an... Pis tant qu’à y aller dans le cliché, crisse que le temps passe vite!  Je n’en ai pas parlé, je n’ai pratiquement rien écrit sur le sujet depuis un an.  Pas que j’ai rien à en dire où que j’y pensais pas, je suis pas sans cœur quand même!  Juste que ce genre d’émotions là, ça me semble difficile de les partager dans le grand nowhere, à des inconnus qui s’en fouttent, au grand rien du web.  Pis en plus, je me sentais assez mêlée …  Mais je sais que des gens, plus ou moins proches, liront ceci, et il y a un an, j’en n’avais pas envie.  Là, ça va, je peux me permettre de dire, de penser tout haut plutôt que tout bas, à nos rituels, à nos peurs, à nos manques.

Nos rituels, ouin…  Quand ma mère m’a annoncé le décès de mon père, un jeudi matin à 8 heures ou à peu près, j’ai rushé, beaucoup!  Mais il y a rien qui m’a plus choqué que l’aventure du salon funéraire!  Déjà que de rencontrer, encore sous le choc, le monsieur qui s’en câlisse comme de sa première couche, pour organiser la chose, est une épreuve en elle-même, le ‘faire’ est un summum de cruauté, du moins à mes yeux.  
Quand j’ai vu mon père, ou plutôt ce qu’il en restait, dans le cercueil, blême à faire peur aux fantômes, il y a eu un gros NON dans ma tête.  Ceci n’est pas mon père!!  Stu clair?  Mon père est un homme à la peau foncée…  Non il n’est pas noir, mais il est très foncé, il a le teint des Amérindiens, rien à voir avec ce mannequin plâtré que je vois devant moi!  Mon père est un homme taquin, un homme qui rit en dedans, tout le temps ou presque, un homme au cœur grand comme le monde, pas ça, non,  pas ce que je vois là, c’est juste pas possible.   J’ai comme ‘back off’… Je n’ai vraiment pas associé ce que je voyais à mon histoire, à mon connu.  Ça n’avait rien à voir!! Et ça ne s’arrange pas avec le temps.  Mon père n’était pas dans ce cercueil, je le sais, point à la ligne pis on en parle plus!

Pis le monde!!! Oh le monde!!!!   Oui, la famille, ça va... Les cousins, cousines que je vois une fois par trois lunes pis encore, ça va… Mais la gang de ché pas qui??  Sti, mon père se déplaçait à la vitesse d’un escargot sur le valium, il ne voyait quand même pas tout ce monde là sur une base régulière??  Sont qui?? Ils veulent quoi??  Ça l’air que ce sont des gens qu’il voyait à chaque semaine… Les poches, les quilles… Seuls loisirs possibles en dehors de la télé, quand votre corps décide que bouger, c’est trop demander.  Bon ok, sont une cristie de grosse gang à jouer aux poches non? ... Mais moi, ça me heurte c’est trop, j’ai envie de vivre ça dans le privé, c’est mon père pas le vôtre, faque câlissez donc votre camp chez vous,  gang de voyeurs sans morale!  Ben oui, je suis possessive comme ça, même dans le malheur, le manque, comme je l’étais avec mon grand-père qui me donnait des passes pour aller à ‘Jeunesse d’Aujourd’hui’, il y a longtemps, tellement longtemps, j’avais 13 ans… Je voulais pas que les autres ados l’appellent ‘grand-papa’ pour obtenir ses faveurs, qu’il leur offre le petit papier pour assister au show de nos vedettes quétaines à chier.  Ça me brûlait en dedans quand des filles inconnues se donnaient le droit de se faire passer pour mes amies, histoire de… Là, c’est encore pire, c’est mon père sti, pis y est mort!!! Enlevez vos sales pattes de là, il est à moi, vous le connaissez même pas!!!  C’est ma peine à moi, c’est mon manque à moi, pas le vôtre!!!   Laissez-moi donc brailler tranquille, sans vos regards, vos paroles de réconfort vides comme le néant dans lequel je me trouve projetée!!!!  Sti, mon père est mort, vous voulez quoi?  Un sourire??  Ben oui, il y en a eu des sourires…forcés… obligés, chu pas une totale sauvage, même si... 

Oui, mon père est mort.  Et pour un moment, je me suis inquiété pour lui.  Il est où, il fait quoi? Il se passe quoi une fois parti?  J’ai eu peur pour lui… Et si, et s’il trouvait pas son chemin?  Et s’il marchait pas assez vite?  Et s’il savait pas, voulait pas, ché pas moi, sti, je connais pas ça, la mort, mais je connais mon père, pis vous l’embarquerez pas dans n’importe quoi!   Et puis le rationnel a fait sa job.  Mon père est mort, il n’a nulle part où aller, il est mort, c’est juste le cours logique des choses, on vit on meurt, on vient de rien on retourne à rien, point!   Pis en même temps, une partie de lui est vivante, en moi, en mon frère, en mes enfants.  J’ai eu un flash terrible la semaine dernière, en voyant mon père, dans les actes de mon fils.  Ma fille devait aller à une ‘date’, feux d’artifices, j’en parle à fiston, lui demande s’il est occupé, tsé, sneaky mom qui veut être sûre que sa fifille est ok!  Il me dit bof…trop de monde là-bas… Mais le soir même il m’envoyait des vidéos des feux d’artifices!!   En plein le genre de mon père ça! ‘Bof, niaise donc, t’es pas sérieuse là’, mais finalement, est fait ce qui semble nécessaire ou presque… Mon père était un homme rassurant qui avait le bien-être de sa famille à coeur!  Mon grand a hérité de ça, on dirait!

Pis, il y a eu toutes les premières fois sans.   Pour ma mère tellement pire que pour moi!  Mais quand même… Premier anniversaire (celui de ma mère) sans lui (yo, dur de dur…sti.. que je savais pas quoi faire!!!), premier Noël sans lui, avec ma mère chez moi, qui pleure et qui pleure, premier jour de l’An sans lui, avec  ma mère chez moi, et qui pleure et qui pleure, crisse, mon frère t’es ou? Oh secours!!) premier 5 janvier (sa fête à lui sans lui) , là je sais pas, j’ai comme oblitéré ce jour là, m’en rappelle plus, ça devait être trop hard, première St-Valentin sans lui , le champion des mots d’amour, des cadeaux pas d’allure genre voyage dans le Sud, des fleurs et du chocolat (il l’aimait, ma mère, sti que c’est beau après 55 ans de mariage, avouez donc,on est tous jaloux!!!),  premières Pâques sans lui, première vacances dans le Sud sans lui (pour ma mère, à qui j’ai offert de venir avec moi... Pas facile,  ça pleure au déjeuner, ça pleure au souper, ça s’ennuit parce qu’on a pas grand-chose à se dire, désolée, c’t’avec mon père que je m’entendais le mieux pis avec lui, j’avais même pas besoin de parler, mais c’est ok, tsé, je comprends), première fête des Mères, première fête à moi ( j’ai pleuré beaucoup, toute la journée, popa me souhaitera plus jamais bonne fête!  Sti que je suis bébé lala, gâtée pourrie!  M’en foue, je m'ennuie de mon père qui disait jamais plus que trois mots au téléphone pis qui passait l'appareil à ma mère!), première Fêtes des Pères (ô misère, j’en peux pu!!), premier anniversaire de mariage, et on en est là… première année sans lui… pis c’est pas évident.  

Je serais pas du genre à aller au cimetière, je suis encore et je serais toujours, je crois, convaincue que mon père n’est pas là, que je le porte en moi!  Mais je sais que ma mère y sera et je sais qu’elle vit ça rough, donc, je suis là, pour elle ben plus que pour moi.  La voir lui laisser des billets doux dans la corbeille de fleurs synthétiques est d’une immense tristesse!  C’est comme si elle l’attendait encore, comme si elle  l’attendra toujours, sous une forme ou une autre, pour le moment sous celle des libellules qui sont, croit-elle, les messagères des décédés,!  Misère, à quoi nos esprits se raccrochent pour garder un semblant de santé dans ce monde!)

Ma mère en est à lire tout et n’importe quoi sur la mort.  À l’entendre, mon père en a encore pour un boutte à ramer, il doit se réincarner.  Il y a personne pour interdire l’édition de ce genre de conneries?  Pourquoi croire à ça, alors que personne, mais personne n’en sait crissement rien?  Pourquoi ne pas juste croire au grand silence, à la paix, tsé, la Sainte paix? Celle qui est faite de rien, de rien qui fait mal, de rien qui fait du bien?  Juste…rien…  Juste le silence et la paix.

Popa, c’est que je te souhaite, après un an dans le grand rien..  la paix... juste la paix de ceux qui savent.


mardi 22 avril 2014

Ma semaine au Pérou


Ben non, je ne suis pas allée au Pérou, mais j'ai l'impression d'y avoir passé la semaine quand même!  C'est ma fille qui y était, avec un groupe de l'école mais c'est moi qui est épuisée, lessivée après cette semaine fabuleuse.

C'est excitant, les voyages!!  Encore plus quand c'est dans un pays exotique comme ça!! Lima et son beau quartier Miraflores, la Costa Verde, Cuzco, Machu Picchu!! J'aurais bien aimé y aller, moi!  Mais ma fille est revenue avec un beau 'Bof' en guise de souvenir!



J'ai passé une semaine longue et difficile parce que les maigres textos que j'ai reçu après les deux premiers jours, n'étaient que complaintes et étalages de désagréments.  Bon, je pensais qu'il était clair pour tous que le Pérou, c'est pas Disney World... mais il semble que la réalité d'un voyage à la dure n'ait pénétré son esprit qu'une fois devant la précarité des lieux et la répétion du menu oeufs, poulet, quinoa à tous les repas.  Pis là, je parle pas du gros 'Wouach c'est dégueu' qu'à reçu le cuy, cochon d'Inde à la sauce tomate servi entier, tête et queue incluses!!



Je sais bien que dans quelques années, elle ne se privera pas de se péter les bretelles avec sa visite du Machu Picchu, même sans le Temple du Soleil , trop essoufflée, paraît-il pour s'y rendre (personnellement, je mets ça sur le compte d'une petite attitude rebelle, tsé, quand tous les adultes te disent faut y aller...c'est ben trop cool de pouvoir dire 'nan, j'y va pas'!), mais pour le moment, tout ce qu'elle veut c'est son ordi, sa musique et la sainte paix!  C'est pas drôle de partager des lieux ordinairement privés avec une gang d'excités!!



Ben je suis déçue de sa réaction, de son manque d'enthousiasme, et en même temps, ça amène un questionnement.  Est-ce que je force ma fille à faire des choses que moi j'aurais aimé faire, alors qu'elle, elle s'en tape?  Est-ce que j'espère d'elle un enthousiasme qui m'appartient, qui est mien et non pas ce qu'elle ressent?  Est-ce que je pose un jugement sur ses intérêts sans prendre en compte sa personnalité, son époque, son vécu, si jeune soit-il?  C'est légitime de se poser les questions.. Maintenant, je dois trouver les réponses, et c'est déjà assez clair.

Je suis fermement convaincue que l'offre d'opportunités culturelles, d'occasions de découvrir l'autre dans toutes ses différences ne peut qu'apporter une meilleure connaissance de soi-même, de ce qu'on est, de ce qu'on aime, trouver ce qui nous fait vibrer en dedans et ce qui nous fait nous dessécher et nous assombrir. Donc, oui, offrir l'occasion... mais peut-être que je pousse un peu, en raison de mes propres carences.  Ah, c'est bien de prêcher le respect de l'autre, faut encore être capable de pratiquer ce sport extrême sous notre propre toit, avec ceux qui nous sont les plus proches, mais qui ne seront jamais nous, mais juste eux-mêmes, ce qui est déjà bien assez...  J'y arrive assez bien avec mon fils, le respect va de soi, même si ça fait pas toujours mon affaire.  Ma fille, elle, c'est autre chose, j'ai l'impression que je tombe dans le panneau de me revivre, de me refaire pis ça, c'est pas génial.   Donc, oui, je vais persister, je vais offrir, je vais ouvrir la porte vers l'ailleurs, mais sans me mettre à la place de, sans espérer un miroir de mes attentes, parce qu'elle n'est pas moi et qu'elle a le droit de ne pas aimer ce que moi j'aurais aimé.

Et malgré tout ça, il y a vraiment rien de superficiel chez ma voyageuse.  J'ai gardé la meilleure photo pour la fin.  Elle vaut vraiment mille mots et peut-être c'est vraiment ce qu'elle en pense, au fond d'elle-même!



Ah pis non, c'est celle-là, la meilleure!!




Photos:  Joyce-Tamara Hall



mardi 8 avril 2014

Le PQ, moi et les élections d'hier

Je m'étais promis de fermer ma gueule, de ne pas dire un mot, de ne pas faire de vague!  Mais là, j'en ai plein le cul!! Plein le cul de mon Facebook de merde qui met l'élection des Libéraux sur le dos des vieux, calisse!!! Et non, pas qu'une personne, j'ai vu à répétition des commentaires disant que c'est la faute des 'vieux', s'il n'en avait eu qu'un j'aurais fermé ma gueule ..pis là, ben je pète ma coche!  Je ne suis nullement experte en politique, juste madame Tout-le-Monde qui a une opinion qui vaut ce qu'elle vaut, ni plus, ni  moins!

Les vieux, hein?? Le PQ est arrivé pour la première fois au pouvoir alors que je commencais le CEGEP, en 1976, le 15 november très exactement!!!  Ouin chu vieille, pis??  J'ai encore toute mes dents pis l'Alzheimer ben, c'est pour dans trente ans au pire!  Ce sont les vieux d'aujourd'hui qui l'ont bâti, qui l'ont mis au monde, qui l'ont porté au pouvoir, le PQ...  Et on voudrait me faire croire que ces même vieux ont, aujourd'hui, changé leur fusil d'épaule et tous virés au rouge???  C'est pas sérieux ça, pis faut fichtrement pas connaître l'histoire ou être jeune en crisse pour sortir des trucs semblables!  À en entendre certains, les vieux d'aujourd'hui sont les mêmes que du temps de Duplessis, une gang de frileux cachés sous leur couverte en poil d'orignal qui boivent leur caribou à grandes lampées pis qui cachent leurs économies sous leur matelas pour aller à la messe tous les dimanche matin!  Scusez, mais si ces vieux-là ont changé d'idée, ils ne se sont pas convertis chez Libéral & Cie!  J'ai voté PQ jusqu'en 1995, je les ai soutenu dès le moment où j'ai eu le droit de vote, mais après 95, j'ai réalisé que ça n'allait plus.

Si comme moi, d'autres ont perdu confiance en un parti qui lui a perdu sa raison d'être (l'idée d'un pays nommé Québec, quelqu'un s'en souvient?) ben ils se sont tournés ailleurs.  Pour ma part, c'est vers QS que la balance a penché il y a déjà longtemps, sans grand espoir de pouvoir, mais avec celui d'un changement graduel, constant.  Et je considère avoir gagné mes élections... Ah! Pas dans  Bourassa-Sauvé, peinturé rouge pompier bord en bord, mais par l'addition d'une représentante QS dans ce flôt sanglant!  C'est un pas en avant et un pas qui parle haut et fort!  C'est pas tout le monde qui aime QS, je le sais pis je m'en sacre.  Ce que j'aime d'eux, c'est l'idée de justice, l'idée d'un monde où les inégalités seraient un peu moins inégales.  Pelleteux de nuage??  Pourquoi pas?  Passionnés?? Pourquoi pas? Pour le moment, il y a personne qui peut remettre en question l'intégrité de ce parti, à part quelques vagues accointances avec le parti communiste.. Oui.. on a un parti communiste au Québec, le saviez-vous?... À part durant vos années d'école, en avez-vous entendu parler?  Pas moi... Il doit être ben ben important et avoir une influence très grande, sans aucun doute!!  Je niaise!!

Tout au long de cette campagne électorale, j'ai regardé le PQ s'enfoncer, se couler lui-même.  D'abord la Chartre.. belle manière de perdre le vote des immigrants qui, peut-être, croyaient à notre project social ainsi que celui des intellectuels de notre société.  C'est quoi l'idée du nationalisme, de l'anti-multiculturalisme?  Il y a personne qui se rappelle l'Allemagne de 1936?  Il y a personne qui voit le danger de cette idéologie sournoise?  Forcer l'autre à s'intégrer, ça ne s'appelle pas de l'intégration, mais bien de la domination!  Si le Canada anglais nous faisait le même coup, on crirait tous au meurtre, au génocide.  Mais là, c'est pas pareil... Ça vient de nous, minoritaire au pays du grand méchant loup anglo!  Nous, on peut forcer les autres à être comme nous!  Ça va ben plus vite que de leur démontrer ce que nous sommes, qui nous sommes, de mettre en valeur la beauté de notre culture, de convaincre que notre manière de faire et d'être est intéressaante. Ben non, rentrons-le leur de force dans la gueule, anyway, l'éducation, ça coûte trop cher!  Sti, on veut des immigrants qui parlent français?  Ben dans tous les pays autres que la France, ils sont majoritairement musulmans, mais pas ancien catho!  So, make up your mind!  Tu veux l'un ou l'autre ou mieux, les deux en même temps, mais les deux en même temps c'est plus rare que de la marde de pape!

Puis vint PKP!!  Là, on a vu le PQ se mettre à dos les travailleurs, les syndicalistes!  C'est bien de mettre de l'avant des bâtisseurs de fortune... mais faudrait pas oublier la manière de faire!  Quand on se maintient dans la cour des grands en écrasant les petits qui s'y trouvent, il y a ben des chances pour que tous les petits autour te regardent aller pis pensent juste à te chier sur la tête!

Le plan d'exploitation pétrolière d'Anticosti.. Ça dû en faire fuir des écolos péquistes,ça!  Presqu'aussi beau que le plan Nord des Libéraux, mais comme c'est péquiste on va dire que c'est correct??  Non, ça ne l'est pas, surtout pas la manière envisagée de fracasser l'intérieur pour en tirer de quoi rouler au gaz quelques mois.  Mais je ne m'éterniserais pas là-dessus, je ne suis pas assez au courant, je suis juste en crisse!

Ma dernière constatation au sujet des causes de la déroute péquiste est tellement plate que j'ai du mal à l'écrire.  L'espoir des péquistes depuis toujours est d'être maîtres chez nous. Quand j'ai entendu qu'il n'y en  aurait pas de référendum, ben là, je me suis dit que le but, c'est le pouvoir pour le pouvoir.  Non, il n'y aura pas de référendum, les québécois ne sont pas prêts... Sti!!!! Fait quarante ans que j'attends!!!  C'est quand qu'on est prêt??  Regarde, naiser pour niaiser, je vais aller niaiser là où on parle plus comme moi, je reste QS !  C'est vraiment dommage que le PQ ne soit plus péquiste, c'était un beau projet!

Mais ce que je comprends toujours pas, c'est que ces gens-là, déçus par le PQ, ont voté PL!  Personnellement, je n'en connais pas... et vous??




vendredi 4 octobre 2013

L'esti de foulard, chu tannée d'en entendre parler!!!

Eille, on va tu en revenir un jour?  Partout, depuis trop longtemps, même si ça ne fait qu'environ un mois que le bal est parti, on focusse sur le foulard des musulmanes, comme si c'était ça, le problème!  Il y a ceux qui en ont peur, ceux que ça achale, tsé, ces femmes-là sont soumises, ceux qui sont systématiquement contre tout ce qui est différent, qui vient d'ailleurs, l'inconnu, on connait pas ça, ça peut être méchant!  Ça peut être dangereux! Le foulard va nous tomber dessus, ce sera pas long, tout comme un grand baissé de rideau au théâtre!! The End, le party est fini!! Pis faut pas oublier ceux qui s'en balancent, qui considèrent qu'on a pas à s'en mêler, que les gens peuvent bien se planter dans le mur à tous les soirs si ça leur chante, parce que, tsé, la liberté, c'est ça, et je suis de ceux qui penchent de ce coté... mais.. il y a toujours un mais qui traîne quelque part, faut juste se pencher pour le ramasser...

Mais donc..

J'ai des petites news pour tous ceux qui s'enfargent dans les fleurs du tapis, parce que le foulard, le hijab, c'est une fleur dans le tapis, rien de plus! Une musulmane que l'on forcera à renoncer à son  foulard ne sera pas moins musulmane, si y a de quoi, elle va devenir encore plus 'religieuse', blessée dans sa culture, empêchée de se vivre selon l'éducation qu'elle a reçu avec un risque accru de se tourner vers l'intégrisme, qui doit donc avoir du fun aujourd'hui, en nous regardant aller, eille, sont tu assez racistes, sont tu assez despotes!!

Le problème, il n'est pas sur la tête des musulmanes, il est dans le comportement des québécois! Oui, dans le 'je m'en foutisme' instauré en religion, en mode de vie!  J'en ai parlé déjà, il  a longtemps, dans un autre billet, en 2010, comme quoi c'est pas d'hier que j'y pense!  Et je répète plus que jamais ce que je disais déjà à ce moment.

Le problème, c'est que nous laissons la place, toute la place!   Nous ne votons pas, ne nous présentons pas  aux assemblées de tout acabit, ne faisons pas entendre notre voix, nos choix!  Eux, ils le font!  La place est libre, alors pourquoi pas!!  C'est plate une réunion de parents?  Ben oui c'est plate, mais si tu y va pas pour dire ce que tu penses, tu te retrouves avec un enfant qui doit obligatoirement se présenter à l'école en pantalon bleu et chemise blanche, même au public, pis là, ben t'as pu rien à dire là-dessus, ça c'est décidé en réunion de parents, voté et la majorité l'emporte!  Et c'est pareil dans tout, partout!  Nous avons le pouvoir de conserver notre culture, notre identité, nos valeurs (beaux mots très à la mode, mais tout de même un peu vide de sens, non?) par le droit que nous avons de nous exprimer.  Si nous n'exerçons pas ce droit, d'autres le feront et pourront imposer des trucs qui ne nous feront pas plaisir, même sans foulard sur la tête, mais comme on était pas là pour le dire, alors vivons avec!  C'est pas tout de japper comme des chiens fous, faut aussi agir, sur nous en premier, parce qu'agir sur les autres, de force, ça provoque plus de remous qu'autre chose et ça ne règle rien. 

Il est là, le danger, entre nos mains.  Pas dans un foulard de plus ou de moins!  On a peur que nos petites filles se retrouvent pognées pour aller à l'école avec un hijab?  Ben, c'est simple hein, faut pas laisser la place à ces choses-là de s'installer.  Et je vais même plus loin que ça, je vais même jusqu'à penser que ce n'est qu'une question de générations (une ou deux...) avant que ces femmes ne renoncent d'elles-même à ce signe qui en dérange beaucoup.  Il faut aussi promouvoir ce que nous sommes, démontrer que c'est bien, beau et bon que d'être comme nous, que c'est pas parce que je suis athée ou autre que je suis un être amoral, faire la preuve que notre culture est viable et vivable par d'autres que nous.  Mais en sommes-nous si peu fiers qu'il nous faut forcer les autres à s'y soumettre? En sommes-nous si peu sûr qu'il nous faut embrigader de force les récalcitrants?

Prenez-la, votre place, pis amenez vos voisins, vos amis, votre famille!  Une fois tous bien assis sur votre chaise, faites entendre votre voix.  Les autres le feront aussi et la majorité l'emportera, pis la majorité, ben c'est celle qui est là, sur place, pas l'autre qui se tait en regardant la TV américaine sur écran géant dans son salon, pis qui crie au meurtre parce que ce qui a été décidé, ça fait pas son affaire.  Too late...fallait agir!